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Little Jaffna (2025)

Little Jaffna

Pop et coloré (photo pimpante, surchiadée, signée Maxence Lemonnier), frisant le kitsch touristique matiné de revasserie (le héros change de chemise à motif à chaque séquence), on sent que le film aurait pu être plus formaté mais que c’est justement son binationalisme qui arrête, dans le souci de montrer les visages et les corps de ses acteurs notamment,

Le héros au visage blanchi à moitié par le vitiligo (pas très fine métaphore de l’identité partageante), flic infiltré (idem), sert de point d’entrée dans une histoire de trafic d’argent qui exonère à la fois la mafia et la police qui s’en empare, sans prendre parti. L’auteur est aussi devant et derrière la caméra, à toutes les places, en somme, et en même temps, impression que le film ne lui appartient pas tellement, qu’il n’a pas de posture d’auteur, pas de subjectivité, tout est mis à plat, même lui, dans une histoire qui est moins celle d’un intérieur que d’une extériorité permanente. Le film est fait pour le regard français, filme de vrais lieux et d’autres fantasmés (une usine à Ivry, foyer communautaire en mode Jeudi OK) dans le souci de caser une fiction qui « passe » par les lieux et les corps sans trop dépayser. Malgré tout, une certaine élégance, poser les visages, lorgner vers l’onirique et la bédé, ne pas hésiter à déréaliser un peu – même si le fantasme ne révèle pas grand chose

Les mythes (masculins, transmission et même la francité gagnée et remise de médaille) ne sont jamais remis en questions, mais servent de bornes au récit. Les femmes sont reléguées aux marges (la grand mère, « Isabelle Huppert indienne »). De la religion chrétienne, jamais « expliquée » mais exposé tardivement (plutôt malin) on ne saura rien (et l’évacuation des musulmans et des hindous du film reste sans réponse).

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