de Luca Guadagnino
Prétentieux, grandes tirades compliquées mais facilement synthétisables, les personnages éclatés entre plusieurs dimensions contradictoires sont seuls, affreusement seuls avec ce qui relève ou non d’une « vérité » en réalité de toute façon inopérante tant elle bute sur l’irrationnel de contradictions de nature différentes (faux paradoxes du menteurs, mais erreurs de parallaxes de mateurs). La musique, tropisme lourdingue de Guadagnino, accompagne chaque scène en une sorte d’easylistening chichiteux et vain, parfois grandiloquent. À chaque fois, la même chose : il ne s’agit pas d’écouter, il s’agit de constater; pas d’accompagner ou de se « forger une conviction », mais d’acquiescer au tracas sans avoir une chance de comprendre quoi que ce soit au schmilblick, puisque les « évidences » nous sont de toute façon dérobées. Personne ne jouant franc jeu, pourquoi devrait en plus dêmeler une idée là dedans ? Le film en est bien dépourvu, lui qui fini par révéler le vrai visage de ses héroïnes et le sien propre à la fin : le cynisme payant. Miso misandre, misanthrope par défaut d’intérêt pour l’humanité. Reste le chic, du début à la fin, jamais remis en question.