Ma Yong Zhen [馬永貞Chang Cheh / Hong-Kong / 1972 / 134 min / DCP / VOSTF / Rétro Shaw Brothers
Formidable film, réjouissant et sanglant : un jeune homme pauvre devient boss de la mafia en respectant les valeurs. Hyper homo, à peine sublimé par une figure de femme, on trouve dès le début le héros et son boy dans un hôtel miteux. Le second regarde le premier avec ferveur. Le premier, visage carré, statique et plein, admire et imite un boss-folle à fume-cigarette, dandy souriant. De l’autre côté, un gang de 4 lourdeaux dominés par un chef aux dents sales. Ascension du héros, à la frontière de la morale et du communisme (prélèvement « d’impots » mais respect de la pauvreté). Le kung-fu comme morale de « ce que peut un corps » et rien d’autre, qui ne laisse pas attrapper. Violence qui monte jusque dans la scène impressionnante de la fin (inspiration de Kill Bill) où, rejouant la mort du dandy trahi, le héros perdant son sang (la scène commence par une hache en plein bidon) décime une centaine de combattant, la pulsion de vie tirée jusqu’à l’extrême.
Un air de western spaghetti : zooms et amples mouvements de caméra, saisie particulièrement fluide des corps, des visages aux corps étalés